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Conférence Internationale "Qualité au sein de la justice"

Les 18 et 19 novembre 2010, le Service de la Politique criminelle (SPC) a organisé une conférence internationale relative à l’introduction de la notion de qualité au sein de la justice.  Le SPC pense qu’il s’agit d’un débat essentiel car il apparaît que seule une forte implémentation de qualité pourra restaurer la confiance du citoyen en la justice.

Le débat relatif à l’introduction d’un modèle de qualité dans le secteur judiciaire fait l’objet d’un intérêt croissant au cours de ces dernières années. On a entre-temps observé plusieurs expériences utiles à différents niveaux de la chaîne pénale en matière de gestion de la qualité.  Toutes ces initiatives visent une meilleure qualité au sein de l’organisation judiciaire pouvant restaurer et renforcer la confiance des citoyens en cette dernière.  Il est en outre important de pouvoir disposer de normes de qualité claires (et d’indicateurs de mesure en fonction de ces normes), valables pour toute la chaîne pénale et sur lesquelles peut se greffer une politique d’évaluation efficace (ex ante, ad interim et ex post). Une forte culture de l’évaluation est essentielle au sein du cycle stratégique judicaire et pénal.

Programme

Au cours de ces dernières années, le SPC s’est investi dans la stimulation, le développement et le suivi d’instruments de gestion de la qualité. C’est ainsi qu’entre autres, le modèle de gestion intégrale de la qualité du ministère public a été développé à la demande du Service de la Politique criminelle et que son implémentation dans différents parquets-pilotes a été appuyée par ce dernier. De par sa mission d’information et de proposition auprès des décideurs politiques concernant l’harmonisation de la chaîne pénale, le SPC était bien placé pour prendre cette initiative.

Le congrès a mis en avant l’aspect de la gestion de la qualité dans le secteur judiciaire. La première journée a été consacrée à la signification de la gestion de la qualité dans le cadre de la justice. Les bonnes pratiques venant de pays étrangers ont ensuite été présentées. Un ancien procureur du Roi de Bolzano (Italie) a expliqué comment de très petites initiatives en matière de qualité peuvent contribuer à un meilleur fonctionnement du ministère public. L’exposé suédois nous a appris qu’un bon dialogue entre tous les partenaires concernés est un facteur critique de succès. Une idée innovante pour nos acteurs belges est l’exemple finnois où les tribunaux ont mis en place un système de benchmarking dont l’objectif spécifique est un apprentissage réciproque. Des experts néerlandais, français et danois sont également venus partager leurs expériences en matière de qualité. Le premier jour a été clôturé par un aperçu de la situation belge en matière de gestion de la qualité au sein du ministère public.

« La conférence montre que la gestion de la qualité n’est pas seulement un concept théorique »

Pratique

La seconde journée de conférence a été consacrée à un sujet spécifiquement belge introduit par le Ministre de la Justice. Les projets de réforme du gouvernement démissionnaire ont été présentés. Cet accord a ensuite été examiné de manière critique par le monde universitaire. Souhaitant démontrer par le biais de cette conférence que la gestion de la qualité n’est pas seulement un concept théorique,  le SPC a présenté deux initiatives spécifiques, à savoir celle de la cour d’appel d’Anvers et celle du parquet de première instance de Bruxelles. En guise de clôture, plusieurs experts ont débattu sur la concrétisation de la gestion de la qualité et la mesure dans laquelle cette dernière permet une justice plus efficace et efficiente.

Saaske De Keulenaer
Stefan Thomaes

 
Lutter main dans la main contre la violence dans le couple

partnergeweld

En 2006, la lutte contre la violence dans le couple a franchi une étape importante avec la circulaire commune COL 4/2006 du ministre de la Justice et du Collège des procureurs généraux.  L’objectif de cette circulaire est de garantir une première intervention et un suivi de qualité de la police avec une orientation correcte des victimes et un traitement adéquat au niveau du parquet.

Bien que la circulaire s’adresse aux acteurs policiers et judiciaires, elle pose le principe d’une approche multidisciplinaire dans le cadre de laquelle sont mobilisés tous les acteurs du monde judiciaire, médical, psychologique et social. Une bonne collaboration entre la police, le parquet et les services d’aides est donc indispensable.

Évaluation de l’approche de la violence dans le couple 

La circulaire prévoit une évaluation périodique par le Collège des procureurs généraux, avec l’appui du Service de la Politique criminelle (SPC). Le SPC a rassemblé et analysé les différents plans d’action devant être rédigés dans chaque arrondissement judiciaire. Il y a eu ensuite une large consultation de tous les procureurs du Roi, magistrats de référence, chefs de corps de la police et fonctionnaires de référence. Les résultats de cette consultation ont  également analysés. Le SPC a en outre rassemblé différents rapports de partenaires externes dans lesquels cette même circulaire avait été (partiellement) évaluée.

Les résultats des analyses propres et externes ont été présentés et discutés lors de deux journées de rencontre en juin 2008 et avril 2009. Ces journées ont été organisées par le Forum national pour une politique en faveur des victimes avec la collaboration du SPC. Les remarques les plus importantes de ces discussions ont bien entendu été reprises dans l’évaluation.

Un des principaux obstacles à l’application de la circulaire en général et à la collaboration entre la police, le parquet et les services d’aide en particulier est le manque de moyens des services concernés. Le SPC a donc décidé d’interroger à l’automne 2009 les acteurs de terrain sur les moyens de fonctionnement dont ils disposaient.

Les principaux résultats de ces différentes étapes ont été réunis dans un rapport de synthèse. Ce rapport suit la structure de la COL 4/06 mais comprend également d’autres éléments permettant une évaluation plus large de l’approche de la violence conjugale. La synthèse peut servir de base pour d’éventuelles modifications de la politique en matière de violence dans le couple mais peut également être utile pour sensibiliser les acteurs de terrain à l’approche du phénomène.

La Conférence sur la sécurité d’Anvers

La lutte contre la violence dans le couple ou la violence intrafamiliale en Belgique existe.   Les différentes journées d’étude et les colloques organisés à ce sujet en sont la preuve. Le SPC a été récemment invité à la quatrième conférence sur la sécurité de la province d’Anvers. Les enfants dans les situations de violence intrafamiliale étaient le thème principal de la conférence.  

Se basant sur le rapport de synthèse, le SPC a présenté les principaux résultats de l’évaluation complète de la circulaire COL 4/06. Cette conférence sur la sécurité était une occasion parfaite pour mettre l’accent sur la collaboration entre la police, le parquet et les services d’aide ainsi que sur l’orientation des victimes et des auteurs vers les services appropriés. En effet, il ressort de l’évaluation que cette collaboration, qui est très importante pour la protection des enfants, peut être améliorée.

Le débat s’est également poursuivi dans d’autres groupes de travail. Madame Pascale Franck a fait un bilan provincial des 19 dernières années en matière de violence et de politique en faveur des victimes. L’expert néerlandais en violence domestique Hans Janssens a donné sa perception de la politique menée en Belgique.  

Le  Plan d’action national contre la violence conjugale

Il est clair que l’approche de la violence dans le couple ne relève pas uniquement des services de police et du parquet. Nous avons depuis 2001 un Plan d’action national contre la violence conjugale (PAN) afin de coordonner toutes les actions entreprises par les différents acteurs stratégiques dans le cadre de la violence dans le couple. Le premier plan d’action (2001-2003) visait plus particulièrement les violences envers les femmes. Le deuxième (2004-2007) et le troisième (2008-2009) visaient plus spécifiquement la violence dans le couple. En outre, le PAN 2004-2007 a directement contribué à la rédaction de la circulaire COL 4/06.

Ces plans d’action sont coordonnés par l’l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes. La préparation d’un nouveau PAN (2010-2014), à laquelle le SPC a participé, est terminée. Le nouveau plan sera présenté à une conférence interministérielle entre le gouvernement fédéral et les gouvernements communautaires et régionaux. Le terrain d’action de ce dernier PAN a été élargi à la violence dans le couple, aux mariages forcés, aux violences liées à l’honneur et aux mutilations génitales chez la femme.

Que nous réserve l’avenir ?

En dehors de l’entrée en vigueur du nouveau PAN, plusieurs actions relatives à la violence dans le couple sont encore prévues dans un futur proche. Au sein du Collège des procureurs généraux, plusieurs groupes de travail ont discuté d’éventuelles adaptations de la COL 4/06. Les rapports du SPC, qui participe activement à ces groupes de travail, sont utiles en la matière.

De plus, le thème de la violence intrafamiliale (et la violence dans le couple) sera également repris lors de la présidence belge de l’Union européenne.

La violence dans le cadre de la vie privée est une des formes de violence les plus courantes de notre société. Bien que le tabou sur la violence dans le couple soit progressivement brisé, il reste encore de nombreux défis à relever en matière de prévention, de sensibilisation, d’accueil et d’accompagnement adéquat des victimes et des auteurs. Il faut également une politique criminelle claire.

Pour plus d’informations :

  • VAN LIEMPT et B. VERMEULEN, Évaluation de la Circulaire commune de la Ministre de la Justice et du Collège des Procureurs généraux COL 4/2006 relative à la politique criminelle en matière de violence dans le couple, Service de la Politique criminelle, Bruxelles, juin 2007

Les différents rapports sont disponibles sous format électronique auprès du SPC.

Personne de contact : Karel Berteloot, 02/542.74.15